AFRIQUE : Concilier agriculture et biodiversité, c’est possible

Jun 01 2021


L’agriculture est l’une, si non la principale cause du déclin de la biodiversité en Afrique. Largement pratiquée, elle occupe près de 50 % de la population africaine (jusqu’à 70 % en Afrique de l’Est), selon les chiffres de l’Organisation des Nations unies (ONU). Suivant qu’elle soit artisanale ou industrielle, elle s’étend sur davantage de terres, défrichant des étendues de forêts et réduisant l’habitat naturel des animaux sauvages.

En Afrique de l’Ouest, la culture du cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana illustre parfaitement le sacrifice de la biodiversité sur l’hôtel de l’agriculture. Des analyses satellites, réalisées par l’organisation non gouvernementale (ONG) Mighty Earth, ont montré qu’entre novembre 2017 et en septembre 2018, dans la région cacaoyère du sud-ouest de la Côte d’Ivoire, presque 14 000 hectares de forêt ont été détruits, soit l’équivalent de 15 000 terrains de football. Cette déforestation qui est synonyme de perte d’habitat pour les éléphants de Côte d’Ivoire représente la deuxième cause de disparition de l’espèce, après le braconnage. Et les éléphants, espèce parapluie par exellence, ne sont pas les seules victimes. Car le déclin de la forêt ivoirienne qui ne couvre plus que 18 % du territoire national selon les chiffres officiels, affecte également les chimpanzés, les hippopotames nains, les écureuils volants, les pangolins, les léopards et de toute une myriade d’espèces animales et végétales évoluent uniquement dans les écosystèmes de la forêt tropicale.

De plus en plus conscient du rôle capital de la biodiversité pour l’homme et les écosystèmes, le secteur de l’agriculture tente d’innover. Et cela passe par l’adoption de pratiques conciliatrices entre agriculture et biodiversité. Il s’agit entre autres de l’irrigation contrôlée, de l’agroforesterie et de l’afroécologie, de l’interdiction des engrais chimiques, du contrôle des limites des plantations.
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Source: Afrik 21